Yémen : la mort lente de la société n’est pas irréversible

Auteur: CICR

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António Guterres, Secretary-General of the United Nations addresses the journalists during the High Level Pledging Event for the Humanitarian Crisis in Yemen, Geneva. 3 April 2018. Photo by Violaine Martin

Au Yémen, tandis que les services de base – approvisionnement alimentaire, système de santé, éducation, assainissement et approvisionnement en eau – s’effondrent les uns après les autres, les maladies, la malnutrition et les morts de civils ne cessent de progresser, signant la mort lente de la société yéménite.

Les dirigeants des gouvernements se réunissent aujourd’hui à Genève pour une conférence d’annonce de contributions pour le Yémen. Trois ans après le début de la guerre, les habitants vivent dans une misère indescriptible, en raison de la façon dont les hostilités sont conduites. Depuis des années, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) exhorte les parties belligérantes à épargner autant que possible les civils – en vain.

« Les besoins criants des familles diminueraient, de même que les maladies, la malnutrition et les morts de civils, si les principes les plus essentiels du droit international humanitaire étaient observés », explique Robert Mardini, directeur régional du CICR pour le Proche et le Moyen-Orient. « Confrontée à une pénurie aiguë de vivres et de médicaments, la société yéménite succombe aujourd’hui d’une mort lente. Nous sommes face à une situation d’une gravité indicible. »

Depuis trois ans, le CICR martèle les mêmes messages : les civils ne doivent pas être pris pour cible, ni les hôpitaux, ni les ambulances, ni les humanitaires. Les restrictions à l’importation et à la libre circulation des biens et des secours humanitaires dans le pays doivent être assouplies. Ces mêmes messages, nous les répétons aujourd’hui, dans l’espoir qu’ils seront enfin entendus. Il y a un décalage important entre les paroles que nous entendons en réponse à ces appels et la réalité que nous constatons sur le terrain.

Des progrès sont toutefois possibles. Suite à la conclusion de nouveaux accords, le CICR a pu visiter des personnes détenues en relation avec le conflit, dans un camp comme dans l’autre. Ce pas en avant montre que les parties peuvent trouver des moyens de respecter les obligations qui leur incombent au titre du droit international humanitaire. Mais il faut faire plus.

Le CICR a par ailleurs déployé des équipes chirurgicales spécialisées dans deux hôpitaux de part et d’autre de la ligne de front, l’un à Aden et l’autre à Saada, pour prodiguer des soins vitaux aux blessés par armes. L’an dernier, 139 967 personnes au total ont été soignées dans ces deux établissements soutenus par le CICR.