#SheTrades, Connecter un million de femmes entrepreneurs au marché d’ici 2020

David Flanel

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Fin décembre 2015, le Centre du Commerce International (ITC) a lancé SheTrade, pour connecter les femmes entrepreneurs aux marchés internationaux. D’ici 2020, l’objectif est de réussir à connecter un million de femmes pour faciliter la création d’emploi et favoriser la croissance économique dans une économie mondiale de plus en plus numérique et interconnectée. L’autonomisation économique des femmes est primordiale car elle a un impact direct en matière de lutte contre la pauvreté et de croissance économique.

Auteur : David Flanel

Bien que les entreprises dirigées par des femmes représentent entre un quart et un tiers de la population totale des entreprises dans le monde, elles sont pratiquement absentes aussi bien dans les chaînes de valeur mondiales que dans les chaînes d’approvisionnement des entreprises et du gouvernement. Il importe donc pour les décideurs politiques, les institutions, les entreprises et les leaders d’opinion d’identifier et de mettre en œuvre des stratégies et politiques adaptées au XXIème siècle pour modifier cet état de fait. Les changements doivent tirer parti des nouvelles technologies, créer un environnement propice aux affaires, établir des cadres institutionnels de soutien et accroitre la compétitivité des entreprises dirigées par des femmes.

Pour surmonter ces obstacles à la croissance économique et à la création d’emplois, des leaders d’opinion du monde entier se sont réunis à São Paulo, au Brésil, en septembre 2015 pour le Sommet des Pionniers du Forum de développement des affaires pour les femmes entrepreneures. A cette occasion, à l’initiative de l’agence conjointe de l’Organisation du commerce international et des Nations Unies (ITC) dont le rôle est d’aider les petites et moyennes entreprises des économies en développement et en transition à devenir plus compétitives sur les marchés mondiaux, un appel à agir a été lancé. Il s’agit, sur une période de cinq ans, de relier un million d’entrepreneurs au marché, stimulant ainsi l’économie mondiale grâce à la participation des femmes au commerce.

Ainsi, afin de faciliter la recherche d’acheteurs potentiels par les entreprises appartenant à des femmes, et ainsi permettre de relier un million de femmes aux marchés d’ici à 2020, une initiative conjointe de l’ITC, Google et CI&T a alors vu le jour : Le Défi technologique. Celui-ci a demandé aux développeurs Internet d’élaborer une base de données et application en ligne visant à mettre sur pied une plateforme numérique d’appui permettant d’atteindre l’objectif fixé.

C’est une entreprise kenyane dirigée par une femme, GreenBell Communications, qui a remporté le Défi en décembre 2015. Elle a mis sur pied SheTrade, outil permettant aux femmes entrepreneurs de tirer parti des nouvelles technologies, puisqu’accessible à travers les téléphones mobiles et Internet, afin d’atteindre des acheteurs, d’internationaliser et de développer leurs entreprises.

« SheTrades facilite de nouvelles occasions d’affaires et d’éventuels partenariats. Elle offre aux grandes entreprises de nouvelles possibilités d’approvisionnement ». Arancha Gonzalez, Directeur Exécutif d’ITC.

Sur SheTrades, les femmes entrepreneures peuvent partager des informations sur leurs entreprises, augmenter leur visibilité, élargir leurs réseaux, se connecter et s’internationaliser. SheTrades aide aussi les sociétés à intégrer plus de femmes entrepreneures dans les chaînes d’approvisionnement.

L’Appel à agir lancé en décembre 2015 cherche à agir sur sept domaines nécessaires à la participation des femmes au commerce international : accès au crédit, politiques commerciales, données, formation des femmes et achats publics entre autres. Pour chacun de ces axes, les gouvernements, entreprises et autres organisations sont mis au défi de prendre des engagements concrets pour mieux comprendre et lever les obstacles qui freinent les femmes entrepreneures, les employées et les entreprises appartenant à des femmes.

« Le résultat consiste en un ensemble d’objectifs solides et concrets qui sont certes ambitieux mais surtout réalistes. Créons un monde où les femmes sont traitées en égales, et où l’innovation de la part des femmes est acceptée. » Arancha Gonzalez, Directeur Exécutif d’ITC.

1 Promouvoir. Des données de qualité

La collecte, l’analyse et la diffusion des données relatives à la participation économique des femmes restent rares, particulièrement en ce qui concerne les activités liées au commerce international. Il est essentiel de rassembler des données en vue d’élaborer des politiques qui exploitent des ressources précieuses, mais largement inexploitées dans les achats et les chaînes de valeur mondiales, à savoir les femmes entrepreneurs.

2 Adopter. Des politiques équitables

Les recherches menées par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) révèlent que les inégalités fondées sur le sexe influencent les résultats des politiques commerciales et la performance commerciale.

3 Sécuriser. Les contrats gouvernementaux

Les marchés publics, conformément aux recherches de l’ITC, constituent 10 à 15 % du PIB des pays développés et jusqu’à 30 à 40 % des économies des pays les moins avancés, mais les entreprises appartenant à des femmes (et souvent en situation irrégulière) ne reçoivent qu’une infime part de ces marchés. Dans leur rôle combiné d’acheteur et de décideur, le gouvernement ainsi que les organismes publics concernés ont la possibilité de contribuer à façonner et à accroître la participation des entreprises appartenant à des femmes aux marchés publics. L’action gouvernementale positive peut également servir d’exemple puissant pour les entreprises, augmentant ainsi l’intégration des chaînes d’approvisionnement du secteur privé.

4 Conclure. Des transactions commerciales

Les entreprises peuvent créer des programmes d’approvisionnement qui continuent d’ouvrir la voie à l’intégration de la diversité et de l’inclusion dans les chaînes de valeur mondiales. Elles peuvent également favoriser les efforts de collaboration pour faire progresser les achats des entreprises féminines. Mais, disposer d’une chaîne d’approvisionnement complète, sur le plan économique, n’est pas bien compris à l’échelle mondiale.

« Garantir l’égalité des chances économiques pour les femmes peut contribuer à libérer ce potentiel de développement dont l’économie mondiale a tant besoin. » Roberto Azevedo, Directeur général de l’OMC

5 Garantir. L’accès au marché

Alors que la plupart des petites et moyennes entreprises (PME) rencontrent des difficultés à accéder aux marchés, les barrières sont disproportionnellement plus élevées pour les PME appartenant aux femmes.

6 Débloquer. Les services financiers

Les femmes entrepreneurs sont plus susceptibles à citer l’accès au financement comme un obstacle majeur pour leurs activités commerciales. Des mesures audacieuses doivent être prises pour combler le fossé de l’accès aux services financiers entre les hommes et les femmes, y compris les comptes bancaires, l’épargne, le financement du logement, les prêts aux PME, l’équité, les produits d’assurance et les paiements numériques. La technologie mobile joue un rôle important en contribuant à promouvoir l’accès universel à des services financiers d’ici à 2020.

7 Octroyer. Les droits de propriété

Les droits de propriété sont essentiels à la capacité entrepreneuriale des femmes. Ces droits permettent aux femmes de créer des entreprises, et de fournir les garanties nécessaires à la croissance de la finance et à l’internationalisation.

Véritablement fonctionnelle depuis une année, cette application est un exemple pratique de l’innovation placée au centre du travail tel que l’encourage le programme Femmes et commerce de l’ITC.

www.shetrades.com