ONU: Inquiétudes exprimées par le Secrétaire général

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Le Secrétaire général de l'ONU António Guterres à la tribune de l'Assemblée générale des Nations Unies. Photo UN/Cia Pak

A l’ouverture du débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les Etats membres à rétablir la confiance dans un monde de plus en plus chaotique où les peuples ne se sentent pas en sécurité.

« Aujourd’hui, l’ordre mondial est de plus en plus chaotique. Les rapports de pouvoir sont moins clairs qu’auparavant. Les valeurs universelles sont érodées. Les principes démocratiques sont pris en otage. L´Etat de droit est compromis. »

« Nous sommes face à une série de paradoxes. Alors que le monde est plus interconnecté que jamais, les sociétés sont de plus en plus fragmentées. Les défis se mondialisent et les peuples se replient sur eux-mêmes. Le multilatéralisme est menacé au moment même où nous en avons le plus besoin. »

« Le seul moyen d’avancer est l’action collective fondée sur le bon sens, pour le bien commun. Voilà comment nous rétablirons la confiance. »

Selon le Secrétaire général, c’est la raison pour laquelle « les dirigeants ont le devoir de promouvoir le bien-être de leurs peuples ». « Mais il faut en faire plus. Ensemble, en tant que gardiens du bien commun, nous avons également le devoir de promouvoir et de soutenir un système multilatéral réformé, redynamisé et renforcé », a-t-il ajouté. « Nous devons renouveler notre attachement à un ordre fondé sur des règles, qui place l’Organisation des Nations Unies en son centre et s’appuie sur les institutions et les traités qui donnent vie à la Charte. »

Changements climatiques.

« Nous sommes à un moment charnière. Si nous ne changeons pas de cap dans les deux années à venir, nous risquons de perdre le contrôle de la situation. Les changements climatiques vont plus vite que nous. »

« Nous devons être plus ambitieux et faire preuve d’une plus grande urgence. Nous devons garantir la mise en œuvre de l’Accord de Paris « , a-t-il ajouté. Dans cet accord sur le climat signé en 2015 dans la capitale française, les dirigeants mondiaux se sont engagés à faire en sorte que la hausse des températures ne dépasse pas de 2 degrés Celsius les niveaux préindustriels et s’approche de 1,5 degré.

Le chef de l’ONU a aussi exprimé son inquiétude de voir que les récentes négociations de Bangkok sur des directives d’application de l’Accord de Paris se sont achevées sans progrès suffisants. Il a rappelé l’importance de la tenue en décembre, en Pologne, de la prochaine Conférence des Parties (COP24). D’après lui, « les désaccords entre États Membres, qui ont paralysés à Copenhague, ne peuvent se reproduire à Katowice. » Le Chef de l’ONU considère comme « essentiel de maintenir le réchauffement climatique bien en-deçà de 2 degrés Celsius. » Raison pour laquelle il a décidé de tenir en Septembre un Sommet sur le climat pour mobiliser des volontés et des fonds.

Nouvelles technologies

Antonio Guterres a dit que les nouvelles technologies sont « porteuses d’une grande promesse », a-t-il dit, notant que des domaines en évolution rapide tels que l’intelligence artificielle, la chaîne de blocs et la biotechnologie pourraient constituer le moteur du progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable. Mais ces nouvelles technologies comportent aussi des risques et de graves dangers.

« La technologie est utilisée à mauvais escient par des terroristes et à des fins d’exploitation sexuelle et de maltraitance. Les réseaux criminels organisés, tapis dans l’ombre de la toile, profitent du codage et des paiements quasi anonymes effectués en cryptomonnaie pour se livrer à la traite de personnes et à la contrebande. » 

« Les actes de malveillance dans le cyber-espace, telles que les campagnes de désinformation, divisent les communautés et sapent la confiance entre les États », a-t-il ajouté. « De plus en plus de personnes obtiennent leurs informations de sources ou de réseaux sociaux qui se font l’écho de leurs vues, renforcent le tribalisme et les assurent qu’elles ont raison et que les autres ont tort « .

Le chef de l’ONU s’est également inquiété de « l’arsenalisation de l’intelligence artificielle ». « La perspective que des armes puissent d’elles-mêmes choisir et attaquer une cible suscite de multiples inquiétudes et pourrait déclencher une nouvelle course aux armements », a-t-il déclaré.

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Catherine Fiankan-Bokonga est la Directrice de publication et la Rédactrice en chef de Klvin Mag, distribué sur l’ensemble du territoire suisse depuis septembre 2016. Elle est aussi correspondante de France 24 & différents médias au Palais des Nations à Genève. Elle est Vice-Présidente élue de l’Association des Correspondants Accrédités auprès des Nations Unies (ACANU) et du Club Suisse de la Presse. Elle a été Vice-Présidente de l’Association de la Presse Etrangère en Suisse et au Lichtenstein (2013-2015).