OMS : Une semaine placée sous le signe des décisions

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Le Directeur Général de l'Organisation Mondiale de la Santé, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Photo ACANU/Pierre-Michel Virot.

L’Assemblée Mondiale de la Santé a débuté lundi 18 mai sa 73ème session en mode virtuel, une première historique, à cause de l’actuelle pandémie du COVID-19. Les 194 Etat-membres ont eu deux jours pour placer la coopération internationale dans la lutte contre le virus au centre des questions traitées après que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ait fait l’objet de vives critiques dans sa façon de gérer le début de l’épidémie.

Adoption à l’unanimité
La priorité de cette édition exceptionnelle, dont l’ordre du jour a été considérablement réduit, a été l’adoption d’une résolution sur la réponse au Covid-19 promue par l’Union Européenne. Le texte faisait référence à la question de « l’accès universel, rapide et équitable de tous les
produits », technologies nécessaires pour lutter contre cette nouvelle forme de coronavirus. Egalement réclamée « au plus tôt » une « évaluation indépendante de la riposte sanitaire internationale coordonnée par l’OMS » face à la pandémie. L’adoption par consensus et à l’unanimité, constitue une victoire pour le Directeur général de l’agence spécialiste de la santé
car en dehors des difficultés découlant du bras de fer engagé entre Pékin et Washington, le contexte sanitaire empêchait les rencontres et les tractations en coulisses qui toutes, ont dû être effectuées via mail et vidéoconférence. Ce résultat est également l’indication d’une Europe unie et forte qui a su mener la mobilisation générale pour lutter contre le COVID-19. C’est peut-être le signe que Bruxelles pourrait à nouveau jouer un rôle important en ces temps troublés.

Violentes critiques
Durant cette semaine il a aussi fallu gérer la demande d’éclaircissement quant à la gestion du début de l’épidémie. En effet, pour certains pays l’organisation et en particulier son directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, ont montré trop de complaisance vis-à-vis de la Chine et ont ainsi masqué son manque de transparence. Pour marquer sa désapprobation les Etats-Unis ont suspendu leur contribution financière. Afin de répondre à cette demande le chef de l’OMS a d’entrée de jeu annoncé lors de sa prise de parole à l’ouverture de l’AMS que « des enquêtes indépendantes seront lancées « dès que possible » pour évaluer la manière dont l’organisation a réagi à cette crise. Pour sa part, le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, a critiqué les pays qui ont « ignoré » les recommandations de l’OMS.
Les États-Unis, en troisième ligne derrière la Chine et l’Union Européenne, sont aujourd’hui le pays le plus durement touché par la pandémie.

Réponse à la pandémie
Vendredi, au cours d’une session virtuelle, le Dr Tedros a déclaré aux 34 membres du Conseil exécutif de l’organisation que « l’OMS a travaillé jour et nuit pour coordonner la réponse mondiale aux trois niveaux de l’organisation, en fournissant des conseils techniques, en catalysant la solidarité politique, en mobilisant des ressources, en coordonnant la logistique et bien plus encore. » Dans le cadre de l’appel de l’Organisation Mondiale de la Santé pour les programmes de lutte contre le COVID-19 près de 800 millions de dollars ont été promis ou reçus. Cela laisse tout de même un déficit d’un peu plus de 900 millions de dollars car au début du mois l’OMS avait lancé un appel pour obtenir 1.7 milliard de dollars pour financer sa réponse.