OMC : la candidate africaine bloquée par Washington

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Façade de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), située à Genève, en Suisse. Photo/CTB

Après le départ anticipé du chef de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le processus de sélection pour choisir un nouveau DG a été mis en route. La dernière étape de deux mois de consultations vient d’être atteinte. Un consensus aurait dû se former autour d’une des deux finalistes, la nigériane, Ngozi, candidate préférée des Etats-membres. Mais les Etats-Unis refusent de jouer le jeu et bloque l’élection.

Les représentants des 164 Etats-membres de l’Organisation Mondiale du Commerce se sont réunis durant l’après-midi du 28 octobre dans la Salle William Rappard. Le Président du Conseil général, l’Ambassadeur David Walker de Nouvelle-Zélande, encadré de ses deux co-facilitateurs, les Ambassadeurs Dacio Castillo du Honduras et Harald Aspelund de l’Islande, a révélé le nom de la candidate qui a obtenu le plus large soutien. Sur la base des consultations effectuées les dernières trois semaines avec l’ensemble des délégations, Ngozi Okonjo-Iweala, ancienne Ministre des Finances du Nigéria et directrice générale de la Banque Mondiale, s’est révélée obtenir plus de soutien que sa concurrente, l’actuelle ministre du commerce et de l’industrie de la Corée du Sud, Yoo Myung-hee.

Blocage par les Etats-Unis

Par la voix de son représentant auprès de l’organisation, l’Ambassadeur Dennis Shea, les Etats-Unis ont fait savoir qu’ils apposaient leur veto à la candidate africaine. D’après les américains, la sud-coréenne est un négociateur commercial accompli qui possède les compétences nécessaires pour diriger l’organisme commercial à un « moment très difficile ». Le blocage du processus d’élection du 7ème directeur général de l’OMC, n’est qu’une manœuvre supplémentaire de Washington dans ses assauts contre l’institution. En effet, depuis plusieurs mois les nominations des juges du tribunal d’appel du système de règlement des différends sont bloquées par les Etats-Unis, provoquant l’une des plus graves crises institutionnelles de l’OMC. Le président Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de quitter l’organisation.

Prochaine étape

Une nouvelle réunion du Conseil général est prévue le 9 novembre, quelques jours après l’élection présidentielle américaine. Nombreux sont ceux qui espèrent que, passé ce cap, une solution pourra être trouvée. En 1999, le Néo-Zélandais Mike Moore et le Thaïlandais Supachai Panitchpakdi n’avaient pas pu être départagés. Les Etats-membres avaient alors décidé de scinder le mandat de quatre ans en deux périodes de deux ans. Actuellement président du conseil d’administration de l’alliance pour les vaccins de GAVI, Okonjo-Iweala a déclaré que l’OMC devrait jouer un rôle pour aider les pays les plus pauvres à accéder aux médicaments et aux vaccins COVID-19.