Mettre l’accent sur les plus pauvres vivant dans les zones rurales

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Gilbert Houngbo, President of the International Fund for Agricultural Development (IFAD). UN Photo/Eskinder Debebe

Après deux jours de travaux, la 41ème Session du Conseil des gouverneurs du Fonds International pour le développement agricole (FIDA) a clôturé ses travaux avec un appel des représentants des États membres à renforcer les institutions et les capacités existantes dans les zones rurales pour les aider à surmonter les situations de fragilité.

Dans le monde, un nombre croissant de personnes vivent dans des situations considérées comme fragiles. Elles sont environ 1,6 milliard aujourd’hui. Au cours des deux jours de réunion, à Rome, les représentants des États membres du Fonds international de développement agricole (FIDA) ont discuté de comment les zones rurales sont de plus en plus affectées et structurées par les enjeux planétaires comme  les changements climatiques, les conflits, la faiblesse des institutions, l’émergence des technologies et la raréfaction des ressources naturelles.

« Pour nous en Afrique, le changement climatique n’est plus un concept abstrait, c’est une réalité ». Olusegun Obasanjo, ancien Président du Nigeria.

Olusegun Obasanjo a cité comme exemple la menace croissante que représentent les changements climatiques. Il a évoqué la crise en cours dans la ville du Cap en Afrique du Sud, où il est prédit que l’approvisionnement en eau de cette ville d’environ quatre millions d’habitants sera interrompu d’ici le mois de juin. “Si la sécheresse peut affecter une telle ville, on peut imaginer son impact dans les zones rurales. Les événements climatiques fréquents et extrêmes continuent à avoir des conséquences négatives sur les moyens d’existence des populations rurales, notamment en Afrique où l’agriculture est le pilier des économies rurales.”

Olusegun Obasanjo a déclaré qu’il est absolument nécessaire que tous les acteurs du développement investissent pour renforcer les capacités des institutions – en particulier dans les zones rurales. “Nous ne pouvons pas parler de sortir de la fragilité et de renforcer la résilience sur le long terme si les institutions qui doivent faire le travail sont elles-même fragiles, ” a-t-il ajouté. Il a aussi déclaré que la jeunesse doit être au centre des politiques de développement.

“Si vous me demandez quel est mon plus grand espoir pour l’Afrique, je vous dirais que c’est la jeunesse.” Olusegun Obasanjo

Les thèmes de la jeunesse comme vecteur de changement et du renforcement de la résilience des jeunes qui vivent dans situations de fragilité ont  dominé les discussions du Conseil des Gouverneurs. Gilbert F. Houngbo, Président du FIDA a dit: “Au FIDA, nous avons vu la transformation qui peut se produire dans les zones rurales des pays en développement quand les jeunes ont accès à la terre, à des formations, aux marchés, à la technologie et aux services financiers.

La planète compte aujourd’hui 1,2 milliard de jeunes  âgés de 15 à 24 ans. C’est la plus grosse génération de jeunes que le monde ait connue. Il est estimé que plus de 600 millions de jeunes vivent dans des situations dites fragiles. Ils ont deux à trois fois plus de probabilité que les adultes d’être au chômage ou en situation de sous-emploi. Environ 200 millions de jeunes sont estimés être des travailleurs pauvres, gagnant moins de 2 dollars par jour.

Les Gouverneurs ont aussi évoqué la question de la jeunesse lors d’une session sur le multilatéralisme. “Si nous ne prenons pas au sérieux l’agenda 2030 sur le développement durable, nous abandonnons les générations futures,” a dit David Nabarro, Directeur de 4SD (Skills, Systems and Synergies for Sustainable Development).

“Le monde du développement change et de manière proactive, le FIDA est en train de changer pour mieux répondre aux nouveaux besoins et aux nouvelles demandes,” a déclaré M. Houngbo. “Nous sommes déterminés à apporter notre contribution pour aider les pays à mettre en œuvre l’agenda 2030 et à atteindre les objectifs de développement durables, et je sais qu’avec le soutien et la participation de nos États membres, nous réussirons à faire davantage et mieux”

Créé en 1977, le FIDA, dont le siège est basé à Rome, est une institution  spécialisée de l`ONU qui agit comme une banque d`aide au développement  ayant pour vocation d`aider financièrement au développement agricole et  rural des pays en développement et en transition. Il a pour mission de combattre la faim, la malnutrition et la  pauvreté par l`amélioration des moyens et des techniques agricoles et par  la création et la modernisation d`activités agricoles ou commerciales en  milieu rural à travers notamment des projets de micro-financement.

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Catherine Fiankan-Bokonga est la Directrice de publication et la Rédactrice en chef de Klvin Mag, distribué sur l’ensemble du territoire suisse depuis septembre 2016. Elle est aussi correspondante de France 24 & différents médias au Palais des Nations à Genève. Elle est Vice-Présidente élue de l’Association des Correspondants Accrédités auprès des Nations Unies (ACANU) et du Club Suisse de la Presse. Elle a été Vice-Présidente de l’Association de la Presse Etrangère en Suisse et au Lichtenstein (2013-2015).