Gwénola de Luze, portrait d’une comédienne franco-suisse sur les planches à Avignon

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Comédienne franco-suisse, Gwénola de Luze, son parcours sort de l’ordinaire. Jeune fille, elle est déjà remarquée par Francis Huster au Cours Florent pour la force de son jeu. Sa capacité à passer du drame à la comédie lui a permis de naviguer, au cours de sa carrière, entre cinéma et théâtre. Malgré cela elle a plus souvent été réclamée dans le registre comique. Est-ce la raison pour laquelle elle a été séduite par une comédie dramatique dont le personnage féminin permet de jouer sur une large palette d’émotions ?

Envoutée depuis de nombreuses années par une pièce suédoise qu’elle tient absolument à monter en France, Gwénola en débute la traduction pour « convaincre » plus facilement la personne qui se lancera dans l’aventure en sa compagnie. Sa rencontre avec François Béchu, en 2012, va être déterminante…Ils sont aujourd’hui à Avignon pour partager Erling avec le public. Une pièce, selon le metteur en scène, « pas uniquement pour cinquantenaires, ni pour jeunes uniquement, mais une pièce pour tous, une Famille Bélier à l’envers, une rareté. »

D’origine bretonne, bordelaise (d’une famille de négociant en vins) et suisse (de Neuchâtel- Chigny-Morges), Gwénola de Luze vécu toute son enfance dans le midi de la France puis une partie de son adolescence sur les rives du Bosphore, à Istanbul-Constantinople. De retour en France, à Paris, elle passe ses weekends à aller au théâtre et déclare du haut de ses 15 ans, un soir, à Bernard Menez qui sort de scène, qu’elle aussi veut être comédienne.

Après un détour par des études d’art (Ecole du Louvre et Sorbonne) et un travail passionnant d’équipe à la RMN pour la création et l’ouverture du Musée d’Orsay, un beau matin de 1988, Jacques Toja, sociétaire de la Comédie Française, l’appelle pour jouer  dans « Les rencontres du Palais-Royal ». Ainsi elle effectue ses débuts, pour de bon, dans le métier dont elle rêvait tant.

Les hasards de la vie font que Bernard Menez se retrouva sur sa route, en 2012, et qu’elle devint sa partenaire dans «Turcaret » de Lesage au château de Suscinio. C’est à cette occasion, qu’elle rencontre, durant le Festival du Morbihan, le comédien François Béchu à la tête du Théâtre de l’Echappée. Il lui propose de jouer dans une pièce de Strindberg. Elle lui propose plutôt de lire une pièce contemporaine suédoise, inédite en France, d’une auteure qu’elle connait bien et qui vit à Stockholm. François Béchu la lit d’une traite « sans y avoir vu ni pressenti de failles dans le genre trop ou pas assez. » Il déclare qu’en effet Erling est « une pièce rare, un cadeau comme un metteur en scène en « touche » peu dans sa carrière de lecteur assidu : Il faut la jouer !

Pour Gwénola il existe dans la pièce de Christina Herrström comme « l’écho lointain de Strindberg.» Tout cela est très excitant. Et pour elle, cette comédie dramatique puissante qui oscille entre rêve et réalité, répond à l’écho d’une histoire personnelle… « C’est très curieux quand les rôles que l’on interprète sont traversés par ce que l’on a vécu dans la « vraie vie ». Elle ajoute avec passion que c’est «un rôle magnifique à interpréter écrit par une femme et mis en scène par un homme qui a capté », pense t’elle, « tout ce qui se joue entre les trois personnages de cette comédie dramatique laissant la porte ouverte à toutes les réflexions. »

L’auteur de la pièce

Christina Herrström  a reçu le Prix Bergman en 1987 des mains du grand metteur en scène, scénariste et réalisateur suédois Ingmar Bergman, pour l’écriture de sa première pièce.

L’histoire

C’est celle de deux anciens amants qui se retrouvent par hasard, au milieu de la ruée de Noël, dans un magasin de jouets avec leur reste de passion réciproque et les tiraillements qu’elle provoque. Ils se parlent, (se) disent et ne (se) disent pas… A un moment surgit un enfant, déjà un homme en fait, qui s’annonce comme leur fils. Il s’impose enthousiaste dans l’espace de la « mère », devenant le foyer à chaque visite du « père ». Ce « fils » c’est Erling. Les échanges sont poignants, vifs, légers avec une bonne dose d’humour face à notre destin commun à tous : La solitude.

Avec Erling c’est le compte à rebours qui commence. Nous sommes dans un conte avec des obstacles, la notion de temps et de durée. Le quotidien auquel on se raccroche comme un rituel. La scène devient le lieu des possibilités et des regrets. Les corps répercutent les tentatives, les hésitations, les perceptions.

Acteurs

Les partenaires de Gwénola sont Alexandre Fabre (Frémont dans Plus belle La Vie) et le jeune Samuel Giezek.

Metteur en scène, François Béchu,

Chorégraphe, Claudine Orvain.

Musique, le percussionniste argentin, Minino Garay, ami de longue date de Gwénola a créé la musique spécialement pour la pièce.

Théâtre de l’Arrache-Cœur, tous les soirs à 22h, du 7 au 30 juillet 2017, à Avignon.

http://www.gwenoladeluze.com/

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Catherine Fiankan-Bokonga est la Directrice de publication et la Rédactrice en chef de Klvin Mag, distribué sur l’ensemble du territoire suisse depuis septembre 2016. Elle est aussi correspondante de France 24 & différents médias au Palais des Nations à Genève. Elle est Vice-Présidente élue de l’Association des Correspondants Accrédités auprès des Nations Unies (ACANU) et du Club Suisse de la Presse. Elle a été Vice-Présidente de l’Association de la Presse Etrangère en Suisse et au Lichtenstein (2013-2015).