Egalité des genres: inexistante dans les pays où vivent 40% des femmes

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63rd session of the UN Commission on the Status of Women (CSW63). Credit: UN Women/Ryan Brown

Le nouvel index mondial de genre d’EM2030 a été lancé de pair avec les résultats du sondage sur le leadership effectué auprès de 10.000 filles par Plan International

Une enquête a été menée auprès de 129 pays selon un nouvel index de genre pour les Objectifs de Développement Durable (ODD) publié par Equal Measures 2030. Les résultats de l’enquête montrent que nous sommes loin d’avoir atteint l’égalité des genres, alors que 1,4 milliard de filles et de femmes vivent dans des pays ayant obtenu une cote « très faible » pour leur performance en matière d’égalité des genres.

L’index de genre pour les ODD, lancé dans le cadre de la Conférence Women Deliver 2019, est l’outil le plus détaillé dont on dispose pour mesurer le statut de l’égalité des genres par rapport aux ODD. L’index, qui couvre 14 des 17 ODD, mesure la performance des pays en ce qui concerne 51 enjeux, notamment la santé, la violence fondée sur le sexe, les changements climatiques et les emplois décents.

La note moyenne mondiale des 129 pays, représentant 95 % des filles et des femmes dans le monde, est de 65,7% (« faible » selon l’échelle de notation de l’index). Aucun pays ne s’est imposé en tête de liste pour son rendement dans l’ensemble des objectifs ou des enjeux, pas même au sein des 10 premiers pays.

En 2015, les chefs d’État de tous les pays se sont engagés à atteindre l’égalité des genres d’ici 2030 pour toutes les filles et les femmes lorsqu’ils ont approuvé les cibles et les objectifs ambitieux des ODD.

Dans l’ensemble, les pays ont le plus de travail à faire en ce qui a trait aux enjeux pour l’égalité des genres liés aux finances publiques et à l’amélioration des données sur les genres (ODD 17), aux changements climatiques (ODD 13), à l’égalité des genres dans l’industrie et en innovation (ODD 9) et, ce qui est encore plus inquiétant, à l’objectif d’égalité des genres en soi (ODD 5).

Le Danemark a obtenu la meilleure cote de l’index, suivi de près par la Finlande, la Suède, la Norvège et les Pays-Bas. Les pays ayant obtenu les cotes les plus basses de l’index (le Niger, le Yémen, le Congo, la République Démocratique du Congo et le Tchad) ont tous fait face à des conflits et des situations précaires dans les dernières années.

« À seulement 11 ans de sa cible, notre index révèle qu’aucun des 129 pays étudiés n’a transformé ses lois, ses politiques ou ses décisions budgétaires publiques à l’échelle requise pour atteindre l’égalité des genres d’ici 2030. Nous manquons à nos engagements d’égalité des genres envers des milliards de filles et de femmes »  AlisonHolder, directrice d’Equal Measures 2030

Selon Melinda Gates, coprésidente de la Fondation Bill & Melinda Gates, « ce rapport devrait sonner l’alarme dans le monde. Nous n’atteindrons pas les ODD si 40 % des filles et des femmes vivent dans des pays où l’égalité des genres ne règne pas. » « Toutefois, l’index de genre pour les ODD montre également qu’il est possible de réaliser des progrès. De nombreux pays aux ressources des plus limitées font de grandes enjambées dans l’élimination des obstacles économiques, politiques et sociaux pour les filles et les femmes, ce qui prouve que les gouvernements ne peuvent justifier leur inertie en ce qui touche la lutte pour l’égalité des genres. »

« À titre de défenseurs de l’égalité des genres en Afrique, nous ne pouvons plus nous fier aux suppositions et aux approximations. Les écarts créés par les inégalités doivent être soulignés, calculés et consignés pour que le suivi de la mise en œuvre soit clair et que les décideurs se responsabilisent. L’index de genre pour les ODD permettra de s’assurer que les filles et les femmes d’Afrique sont prises en considération », a déclaré Memory Kachambwa, directrice générale d’African Women’s Development and Communication Network (FEMNET).

« Avec 8.000 décideuses et décideurs, militantes et militants et influenceuses et influenceurs réunis à Vancouver dans le cadre de la Conférence Women Deliver, et plus de 100 000 participantes et participants partout dans le monde, nous disposons du pouvoir collectif de susciter de réels progrès relativement à ces cotes d’égalité des genres et de créer un impact réel pour les filles et les femmes. » Katja Iversen, Présidente et Directrice Générale de Women Deliver 

Publié avec l’index, un nouveau rapport de Plan International a révélé que la vaste majorité des filles dans le monde souhaitent occuper des postes de direction sur le marché de travail, en politique et dans la société en général. Pourtant, plus de neuf filles sur dix croient qu’en tant que dirigeantes, elles seront victimes de discrimination généralisée et de harcèlement sexuel.

Près de 10.000 filles et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans ont été interrogées dans 19 pays dans le cadre de la recherche publiée à l’occasion de la Conférence Women Deliver 2019.

Parmi toutes les filles et les jeunes femmes interrogées, 76 % ont affirmé qu’elles aspiraient à devenir une dirigeante, et plus de 60 % ont indiqué avoir confiance en leurs aptitudes à diriger. Or, 94 % croyaient qu’être dirigeante impliquait d’être traitée injustement par rapport aux hommes, et 93 % estimaient que les dirigeantes subissaient des contacts physiques non désirés. Fait alarmant, cette perception était plus forte chez les jeunes femmes qui possédaient un peu d’expérience de direction que chez celles qui n’en possédaient pas.

« Les constatations montrent que malgré leurs aspirations à diriger, les filles et les jeunes femmes ont une perception extrêmement négative de la réalité des dirigeantes », a affirmé Anne-Birgitte Albrectsen, directrice générale de Plan International. « D’où qu’elles soient, des États-Unis, de l’Inde, du Japon ou du Soudan, pour les filles et les femmes du monde, la vie de dirigeante rime avec discrimination et harcèlement. C’est un facteur de dissuasion important. À la lumière de ceci, il n’est pas étonnant que seulement 24 % des parlementaires à l’échelle mondiale et seulement 5 % des dirigeants membres du palmarès Fortune 500 soient des femmes. »
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Le rapport Taking the Lead est le premier à mettre en lumière les aspirations, les perceptions et les expériences en matière de leadership des filles et des jeunes femmes de diverses sociétés et économies à travers dans le monde. Il a été produit conjointement avec l’Institut Geena Davis sur le genre dans les médias.

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Catherine Fiankan-Bokonga est la Directrice de publication et la Rédactrice en chef de Klvin Mag, distribué sur l’ensemble du territoire suisse depuis septembre 2016. Elle est aussi correspondante de France 24 & différents médias au Palais des Nations à Genève. Elle est Vice-Présidente élue de l’Association des Correspondants Accrédités auprès des Nations Unies (ACANU) et du Club Suisse de la Presse. Elle a été Vice-Présidente de l’Association de la Presse Etrangère en Suisse et au Lichtenstein (2013-2015).