CENTRAFRIQUE : CRISE HUMANITAIRE D’ENVERGURE

0
288
Residents in the Muslim enclave of PK5 in the capital Bangui. UN Photo/Catianne Tijerina

Lors d’une session d’information aux Etats membres des Nations Unies, à Genève, la Coordonnatrice humanitaire, Najat Rochdi, a annoncé que la Centrafrique fait face à une crise humanitaire de grande envergure.

La crise humanitaire que la République centrafricaine traverse depuis cinq ans continue à s’intensifier sur presque toute l’étendue du territoire. Le regain de violence affecte des régions antérieurement relativement stables et où des projets pilotes de relèvement post-conflit commençaient à être développés surtout dans le nord et le centre du pays. La crise perdure, les besoins augmentent et le financement de l’action humanitaire est depuis quelques années très en deçà des attentes.

« Aujourd’hui, le niveau de financement du Plan de réponse humanitaire ne nous permet pas de couvrir les besoins que nous avions identifiés pour 1,9 million de Centrafricains et qui dépendent de l’aide humanitaire pour survivre »…. « Seul 13% du Plan de 2018 est financé, soit 66,7, millions des 515,6 millions requis. La situation requiert plus que jamais votre attention, votre générosité et notre action collective »Najat Rochdi, Coordonnatrice humanitaire

« Les ressources dont nous disposons ne permettent plus d’apporter une assistance humanitaire en quantité et qualité suffisantes. Dans certains cas les rations alimentaires sont réduites d’un tiers et couvrent des périodes plus courtes », a indiqué Najat Rochdi. « Si nous n’arrivons pas à mobiliser les ressources nécessaires, l’assistance sera réduite à une portion congrue et n’arrivera plus à sauver des vies », a-t-elle alerté. « Des générations entières verraient leur avenir gâché après des années successives sans accès à l’éducation, des milliers d’enfants continueraient à mourir dans leurs premières cinq années de leur vie et une autre génération de Centrafricaines et de Centrafricains seraient sacrifiés », a insisté la coordinatrice humanitaire.

« Je remercie les bailleurs pour les contributions qui nous ont permis dès le début de l’année 2018 de répondre à une crise humanitaire majeure dans la ville de Paoua où plus de 100’000 personnes avaient besoin d’une assistance d’urgence. Vos contributions ont aussi permis de répondre à l’urgence à Bangassou et plus récemment à Bangui qui sont redevenus des foyers de tension avec d’immenses conséquences humanitaires. Cependant, nous devons aller au-delà et vite car des millions de vie en dépendent », a déclaré la Coordonnatrice humanitaire.

A présent, un nombre croissant de civils se réfugie dans des lieux de plus en plus reculés, inaccessibles aux humanitaires accroissant davantage le défi de l’accès aux plus vulnérables. En avril 2018, le nombre de personnes déplacées est presque 670’000 et le nombre des réfugiés est également resté important, 582 000, ça fait que plus d’1,2 millions de Centrafricains soit plus qu’une personne sur quatre est toujours déplacée interne ou réfugiée dans les pays voisins.

PARTAGER
Article précédentJournée internationale des Casques bleus (29 mai)
Article suivantOn the U.S. decision to withdraw from the Human Rights Council
Catherine Fiankan-Bokonga est la Directrice de publication et la Rédactrice en chef de Klvin Mag, distribué sur l’ensemble du territoire suisse depuis septembre 2016. Elle est aussi correspondante de France 24 & différents médias au Palais des Nations à Genève. Elle est Vice-Présidente élue de l’Association des Correspondants Accrédités auprès des Nations Unies (ACANU) et du Club Suisse de la Presse. Elle a été Vice-Présidente de l’Association de la Presse Etrangère en Suisse et au Lichtenstein (2013-2015).