Casques bleus: 2017 une année de défis

0
907
Visit by the ONUB SRSG, Carolyn Mc Aksie of the Nepalese Battalion in Bubanza, Burundi. Photo Martine Perret/ONU.

Malgré une année particulièrement meurtrière pour les soldats de la paix des Nations Unies, avec plus de 60 Casques bleus tués dans des actes hostiles, l’ONU a réalisé en 2017 ses objectifs de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, réorienté son travail en Haïti et achèvera bientôt son mandat au Libéria.

« Nous protégeons les civils tous les jours. Nous sauvons des vies tous les jours. Nous le faisons souvent dans des circonstances très difficiles et stressantes. » Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix.

Les défis de 2017

L’un des défis auxquels les forces de maintien de la paix des Nations Unies doivent faire face dans des zones de plus en plus complexes et dangereuses est la nécessité d’une meilleure formation et de meilleurs équipements, en particulier pour la collecte de renseignements et la connaissance de l’environnement. Cela inclut l’utilisation de technologies modernes (drones, radars et ballons).

« Nous devons faire encore plus pour la prévention et l’atténuation des risques lorsque nous cherchons à protéger nos collègues. Assurer la sécurité et la sûreté du personnel déployé dans des environnements volatiles est une nécessité absolue. » Athul Khare, chef du Département des Nations Unies pour l’appui aux missions.

L’ONU envisage d’emprunter ou d’acheter davantage d’équipements pour la sécurité, le logement, le transport et les communications. Au Mali, par exemple, un hôpital militaire sur quatre n’a ni personnel ni équipement, et en République centrafricaine, un sur trois, a-t-il dit. Il y a également des lacunes en termes de collaboration avec les communautés locales, ce qui signifie que dans certaines régions, il faut plus de Casques bleus qui parlent français.

Exploitation et abus sexuels

L’un des principaux défis dans les opérations de maintien de la paix est de lutter contre les allégations d’exploitation et d’abus sexuels par les forces de maintien de la paix de l’ONU. Plus tôt cette année, le Secrétaire général António Guterres a dévoilé sa stratégie pour éradiquer ce fléau et a nommé Jane Connors au poste de première Défenseure des droits des victimes.

La nouvelle stratégie de l’ONU visant à prévenir l’exploitation et les abus sexuels met davantage de pression sur les gouvernements pour qu’ils enquêtent et engagent des poursuites si cela est nécessaire. En outre, 17 pays ont versé 1,8 million de dollars à un fonds d’affectation spéciale pour aider les victimes à obtenir un soutien médical, psychosocial, juridique ou socioéconomique. « Les informations sur les allégations arrivent avec moins d’obstacles qu’auparavant », a déclaré M. Lacroix. « Nous devons aussi faire plus pour mettre pleinement en œuvre cette politique et il faut une forte sensibilisation à tous les niveaux. »

Protection de l’environnement

Le maintien de la paix de l’ONU gère également d’une autre manière son impact dans les pays qui accueillent ses opérations en préservant les ressources naturelles et l’environnement pendant leur déploiement. Les programmes visant à réduire la consommation d’énergie permettent également aux missions de gagner du temps et des ressources et de se concentrer sur la mise en œuvre de leurs principaux mandats. Toutes les opérations de maintien de la paix des Nations Unies ont lancé cette année des plans d’action pour l’environnement qui ont, par exemple, conduit à l’élaboration de 80 programmes de traitement des eaux usées.

Projets

Si l’année 2017 a été marquée par des réformes ambitieuses, 2018 doit être l’année de mise en œuvre de ces réformes, a déclaré M. Lacroix. Il a noté que cela sera particulièrement important sur le terrain, où les collègues doivent être informés et habilités à agir. La collaboration avec les États membres et les organisations régionales doit aussi être renforcée pour mieux servir les personnes les plus vulnérables dans le monde.

PARTAGER
Article précédentUNICEF: Une femme à la tête de l’organisation dédiée aux enfants
Article suivantIran: Position de la Russie
Catherine Fiankan-Bokonga est la Directrice de publication et la Rédactrice en chef de Klvin Mag, distribué sur l’ensemble du territoire suisse depuis septembre 2016. Elle est aussi correspondante de France 24 & différents médias au Palais des Nations à Genève. Elle est Vice-Présidente élue de l’Association des Correspondants Accrédités auprès des Nations Unies (ACANU) et du Club Suisse de la Presse. Elle a été Vice-Présidente de l’Association de la Presse Etrangère en Suisse et au Lichtenstein (2013-2015).