Antonio Guterres, neuvième Secrétaire Général de l’ONU

0
741

Le nouveau Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, a officiellement pris ses fonctions le 1er janvier 2017 pour un mandat de cinq ans. Lors de sa prestation de serment l’ancien Premier ministre portugais a promis de mettre le développement au centre des travaux de l’ONU.

Il a assuré que l’organisation pouvait changer pour répondre de manière efficace aux multiples défis auxquels la communauté internationale est confrontée. Soucieux de l’importance de l’égalité et de la parité des sexes, il a nommé trois femmes à des postes de haut niveau. Amina J. Mohamed, du Nigéria, occupe la fonction de Vice-Secrétaire générale de l’ONU, la brésilienne Maria Luiza Ribeiro Viotti est Cheffe de Cabinet du Secrétaire général et la coréenne Kyung-wha Kang devient son conseiller spécial pour la politique.

Premier ministre portugais de 1995 à 2002 et Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés de 2005 à 2015, Antonio Guterres a été nommé Secrétaire général par l’Assemblée générale des Nations Unies le 13 octobre 2016. Dans son discours de prestation de serment, Antonio Guterres a mis l’accent sur trois priorités stratégiques pour l’Organisation : oeuvrer pour la paix ; soutenir le développement durable ; et réformer sa gestion interne.

Conscient du contexte actuel, le neuvième secrétaire général de l’ONU a déclaré que « trop de décisions, partout dans le monde, sont dictées par la peur. » Elément important à ses yeux, ne pas perdre les valeurs universelles en répondant aux besoins des populations angoissées. De la même façon que « l’heure est venue pour les dirigeants d’écouter le peuple, de lui montrer qu’ils veulent son bien, et qu’ils sont attachés à la stabilité mondiale, Guterres considère que l’ONU doit en faire de même. Il est temps pour l’ONU « de reconnaître ses lacunes et de changer ses méthodes de travail. »

L’Organisation est la pierre angulaire du multilatéralisme et elle contribue depuis des décennies à une paix relative. Mais elle n’est plus en mesure de répondre aux défis contemporains. Elle doit être prête à se réformer.

D’après Antonio Guterres, « le véritable point faible de l’ONU réside dans son incapacité à prévenir les crises. Il a déclaré que «née sur les cendres de la guerre», «aujourd’hui, elle est là « pour assurer la paix.»

«La prévention n’est pas seulement une priorité, c’est la priorité.

Si nous sommes à la hauteur de nos responsabilités, nous

sauverons des vies, réduirons les souffrances et donnerons de

l’espoir à des millions de personnes»

Antonio Guterres estime que l’ONU est souvent chargée du maintien de la paix dans des endroits où il n’y a pas de paix à maintenir. Il considère que « beaucoup plus de temps et de ressources sont consacrés à répondre aux crises plutôt qu’à les prévenir. Les gens en paient un prix trop élevé. »

D’après lui une complète nouvelle stratégie doit être conçue car il s’avère difficile de persuader les décideurs aux niveaux national et international de faire de la prévention leur priorité. «C’est peut-être parce qu’une prévention réussie n’attire pas l’attention. Les caméras de télévision ne sont pas là quand une crise est évitée», fait-il remarquer.

Selon le nouveau chef de l’ONU, il est aussi nécessaire de faire davantage pour prévenir et intervenir face à la violence et à l’exploitation sexuelles commises par ceux qui servent sous le drapeau de l’ONU contre les personnes qu’ils sont censés protéger. Une semaine après son entrée en fonction, Guterres a mis en place un groupe de travail placé sous la présidence de Jane Holl Lute S’agissant du programme de réformes, concernant l’appui des Nations Unies aux États Membres dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), le Secrétaire général a déclaré qu’il engagerait une réforme globale du système de développement des Nations Unies, tant au siège de l’Organisation qu’au niveau des pays. « Si l’on regarde les règlements concernant le personnel et le budget des Nations Unies, on pourrait penser que certains d’entre eux ont été conçus pour empêcher, plutôt que de permettre, l’exécution efficace de nos mandats », a-t-il dit.

«Tout le monde est pénalisé s’il faut neuf mois pour déployer un membre du personnel sur le terrain».

Le Secrétaire général a exprimé la nécessité de promouvoir une culture de la responsabilité et une protection efficace pour les lanceurs d’alerte. Il souhaite également que les gens puissent se rendre compte du travail effectué par l’ONU. A l’occasion d’un petit-déjeuner organisé le 1par l’Association des Correspondants Accrédités auprès de l’ONU (ACANU), le Secrétaire général a déclaré vouloir « rendre l’organisation plus efficace et qu’elle inspire le degré de confiance qu’elle mérite. »

Dans son premier message de l’année, Antonio Guterres a souhaité que le monde s’engage à ses côtés pour que 2017 soit une année de Paix.

«Tout ce que nous valorisons en tant que famille humaine, la dignité et l’espoir, le progrès et la prospérité, dépend de la paix. Mais la paix dépend de nous.»

PARTAGER
Article précédentCulture Chanel, La femme qui lit
Article suivantLa Chine, l’OMC et la Mondialisation
Catherine Fiankan-Bokonga est la Directrice de publication et la Rédactrice en chef de Klvin Mag, distribué sur l’ensemble du territoire suisse depuis septembre 2016. Elle est aussi correspondante de France 24 & différents médias au Palais des Nations à Genève. Elle est Vice-Présidente élue de l’Association des Correspondants Accrédités auprès des Nations Unies (ACANU) et du Club Suisse de la Presse. Elle a été Vice-Présidente de l’Association de la Presse Etrangère en Suisse et au Lichtenstein (2013-2015).